BRIBES D'AUDIENCE
Encore une affaire fumeuse!
Dans un tribunal romand, un homme comparaît pour une histoire de
haschisch acheté, vendu.. puis perdu.
TEXTE: NATHALIE DUCOMMUN
Présidente:
Monsieur, vous faites l'objet d'une ordonnance de condamnation. Une
infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants. Vous avez participé à
une vente de haschisch dans un parc public. Reconnaissez-vous les
faits?
Accusé:
Oui.
Présidente:
Vous étiez en compagnie de monsieur B c'est ça?
Accusé:
Oui.
Présidente:
Et que s'est-il passé?
Accusé:
J'étais venu acheter un bout. Alors je lui ai donné 100 francs et il m'a
rendu 50. Deux billets de 20 et un de 10. Et puis on est allés dans le
parc, parce qu'il a dit qu'il avait laissé le haschisch là-bas.
Présidente:
C'est lui qui vous a procuré du haschisch?
Accusé:
Oui, c'est lui qui l'avait.
Présidente:
Et l'argent qu'il vous a rendu, c'était une vente que vous aviez faite
avec lui?
Accusé:
Ben, l'argent, c'est la monnaie. C'est le change qu'il m'a fait sur 100
francs.
Présidente:
Mais monsieur, je vous parle de la vente que vous avez faite.
Accusé:
Hein?
Présidente:
On vous reproche d'avoir enfreint la loi fédérale sur les stupéfiants.
D'avoir vendu du haschisch.
Accusé:
Vendu?! Non jamais, madame, j'ai jamais vendu moi. C'était pour
acheter.
Présidente:
Mais vous venez de reconnaître les faits! Vous n'avez pas compris la
question quand je vous ai demandé si vous contestiez les faits? (...)
Vous avez donc donné de l'argent à monsieur B.
Accusé:
Oui, 100 francs.
Présidente:
Et il vous a donné le haschisch.
Accusé:
Non, il m'a rendu la monnaie. Deux billets de 20 et un de 10.
Présidente:
Ah. Parce que vous, vous payez le haschisch avant de l'avoir reçu?
Bon. Et il vous a demandé de le suivre?
Accusé:
Ben oui, j'étais avec lui, quoi. Pour aller chercher le haschisch.
Présidente:
Mais pourtant il en avait sur lui du haschisch, il en a vendu 2,7
grammes à un agent en civil selon le rapport de police! Pourquoi
aviez-vous besoin d'aller ailleurs pour recevoir votre haschisch s'il en
avait sur lui?
Accusé:
Oui, il avait des bouts, des bouts comme ça. Mais pas la barrette.
Présidente:
Et pourquoi monsieur B vous a donné 40 francs quand vous étiez dans
le parc?
Accusé:
Il m'a rendu ma monnaie.
Présidente:
Mais comment expliquez-vous qu'il vous ai donné 40 francs si vous
n'aviez pas fait de vente ensemble?
Accusé:
Ben il m'a rendu 40 francs, les deux billets de 20 et puis encore un
billet de 10, parce que je lui avais donné 100 francs.
Présidente:
Mais ça c'était avant. Je vous parle d'une fois que vous étiez dans le
parc. Là il vous a donné 40 francs.
Accusé:
Oui.
Présidente:
Donc vous avez bien reçu 40 francs provenant d'une vente de
haschisch à un policier en civil dans le parc public.
Accusé:
Non, madame, j'ai pas dit ça.
Présidente:
Mais s'il vous plaît monsieur...
Accusé:
Mais à qui j'ai dit ça, moi?
Présidente:
A moi, monsieur. Et il y a à peine quelques instants!
Accusé:
Alors j'ai mal entendu...
Présidente:
Donc ces 40 francs, ils venaient d'où?
Accusé:
C'était le change de ma monnaie. Deux billets de...
Présidente:
Et après alors, vous avez reçu votre haschisch?
Accusé:
Ben, non. J'ai jamais vu mon haschisch, moi. Après qu'il m'ait rendu la
monnaie, il y avait déjà tous les policiers qui étaient là. C'était plus
possible, c'était la fin quoi.