CE QUE JEAN DIT
«Eux qui courent, moi qui suis claqué»
TEXTE: DENIS MAILLEFER
Nom de bleu je vais finir par devenir sonné avec tout ce boulot qu'on
a cette année, s'essouffle JEAN. On arrive à peine au bout de l'Euro
que moi eh ben je suis déjà rétamé. Bon, les Grecs et les Portos, c'est
pas la finale à se taper le cul par terre mais c'est aussi une leçon on
peut dire, une espèce de leçon qui dirait les petits comptent pas pour
beurre faut pas les prendre trop de haut passqu'alors, justement, c'est
de haut qu'on retombe et la chute est dure. Je dis aussi, dit JEAN, que
c'est là qu'on voit que l'argent y fait pas tout et que t'as beau avoir
des Zidane, des Beckham, des je-sais-pas-qui qui gagnent ton salaire
annuel en une mi-temps, eh ben à la fin c'est le jeu qui décide et le
jeu choisit pas toujours le plus riche et je prétends prétendre que c'est
au fond une sorte de leçon de vie. Les petits faut pas les sous-estimer
la règle est valable pour le fote comme pour la politique mais je
m'écarte du sujet, bon des fois je suis lancé, et tout a voir avec tout,
rien n'existe comme ça en l'air ajoute JEAN qui est allé une fois (pour
voir) dans un café-philosophe. Donc je disais qu'avec tout ce sport on
est presque crevé à leur place, même sans dopage, nous on a notre
drogue à nous, rigole JEAN qui s'en ressert un à l'attaque de la
deuxième mi-temps, du troisième set, du grand prix de la montagne,
de la finale de saut par équipe (ce Pessoa a vraiment une tête de
pédé, dit JEAN). Donc, la finale de l'Euro, Wimbledon la finale aussi le
même jour, mais là c'est facile on sait que le Federer il a pas le bras
qui tremble des nerfs d'acier dommage qu'il soit Suisse-allemand et
qu'il ait les cheveux un peu longs mais ça a l'air le tout bon type je lui
passe même sa fiancée de l'Est après tout l'est n'est plus si à l'est
depuis la Pérèstroilliqua. Wimbledon c'est dans la poche pas besoin de
s'énerver t'as le temps de zapper sur la première étape du Tour
même si c'est plat comme un Läkerli vu que c'est en Belgique mais je
regarde quand même des fois il y a des gamelles les gars sont
nerveux ça frotte (JEAN s'y connaît), et moi, je dois dire, dit JEAN
gravement, que je suis un peu partagé entre admiration et dégoût
passque d'un côté c'est moche de tricher mais d'un autre, tu sais que
le col, même dopé, eh ben faut le monter avec tes mollets et ta tête
et ces gaillards c'est quand même des costauds le contraire on peut
pas dire. J'aurais beaucoup à dire sur le vèlò, mais une autre fois, et
pis tout ça c'est pas tout, passqu'après y a les Jeux, et moi je suis les
Jeux, je regarde tout, parfois même le tir à l'arc féminin, des fois y a
des miss pas mal.