Si la caricature «soupesque» de Leuenberger en a fait un dormeur
impénitent, il s’agit bien là d’une caricature. Car le monsieur ne dort
pas, ce que beaucoup, et à commencer par ses camarades de parti,
regrettent souvent, le sommeil semblant plus facile à justifier que le
silence complice. Silence complice qui sied aussi à sa camarade
Micheline Calmy-Rey, grande pourfendeuse de l’inutile. Pour
mémoire, on ne citera que la quasi-convocation de Colin Powell l’an
passé, ce qui n’a pas empêché les Américains d’envahir l’Irak et ce,
malgré les avertissements répétés de Micheline.
Mais la dame est habile. On serait même tenté de dire qu’elle est
adroite. Elle sait qu’elle évite ainsi le reproche facile et pourtant
justifié, de n’être finalement et avec Moritz, qu’une partenaire docile
de la droite au gouvernement.
Et pour ce faire, la reine de l’apparence, nous la surnommerons ainsi,
n’hésite pas à enfoncer des portes ouvertes. Beaucoup de portes
ouvertes. Toutes celles qui sont à sa portée à vrai dire. Excepté bien
sûr, celle récemment ouverte par Blocher sur l’asile, sans doute parce
qu’il est plus difficile de demander à ce monsieur de la fermer.
Pour preuve, cette intervention de notre conseillère fédérale il y a dix
jours, soit juste pendant les vendanges (après eut été plus judicieux),
demandant à la DDC de mettre en place, pour les requérants déboutés
du canton de Vaud, un programme de suivi dans les pays de retour…
Ce qui est déjà fait! Une façon de montrer qu’elle rentre en résistance,
alors que deux semaines auparavant, Madame n’a pipé mot et accepté
9 des 11 propositions de Blocher sur le durcissement de la loi sur
l’asile!!!
Mais sans doute que sa conscience s’accommode difficilement de son
statut de figurante au Conseil fédéral.
A n’en pas douter, les socialistes dans ce gouvernement souffrent. Il
serait peut-être temps pour eux de rentrer à la maison. Nous nous
occuperons des mesures d’accompagnement.