Lorsqu'il a été élu, Patrice Mugny a promis d'en mettre plein
les yeux aux Genevois. Avec lui, on allait voir ce qu'on allait
voir, Calvin allait vivre la culture. Un an plus tard Mugny dit
la vérité sur son programme. Il a raconte-t-il, chez lui au
mur et malgré quatorze déménagements, toujours un cadre
vide, expression substantifique de son art de penser: «Le
vide est essentiel à la vie.» Et cela se vit. Mugny vide les
musées dans lesquels il n'aimerait pas voir «trop de
tableaux», il vide de son sang l'un des événements les plus
vivants de Genève, la Nuit de la science, en lui coupant les
subsides une année sur deux. Etre vide de son plein ou en
prendre plein dans le vide: Mugny ne devrait-il pas
commencer par se vider lui-même pour que Genève refasse
enfin le plein?
B. S. |