«Je n'aimerais pas être Bush:
il va perdre»
Doris Leuthard, présidente du Parti démocrate-chrétien suisse se
prête au questionnaire de Saturne.
Qui dirige votre vie?
Sans hésitation, moi-même. Même si la politique a tendance à remplir
mon agenda et à dicter ma vie, j'essaie en tout temps d'en rester la
maîtresse. On est seul maître à bord quoi qu'il arrive.
A quel âge aimeriez-vous revenir?
Celui d'aujourd'hui me va parfaitement. J'ai goûté tous les âges avec
autant de plaisir. Je suis une optimiste-née qui regarde devant, jamais
derrière. Je prends ce qui existe et ne regrette pas grand chose.
La rupture qui vous est restée en travers de la gorge?
Lorsque mon frère est tombé gravement malade et que durant
longtemps je n'ai pas su de quoi il souffrait. Je ne pensais qu'à lui, je
n'espérais qu'une chose, qu'il s'en sorte. Même si ce n'était pas à
proprement parler une rupture, ce fut une cassure profonde dans ma
vie. Il y a eu avant et après.
Sur une échelle de 0 à 10, où situez-vous votre confiance en
vous?
Pas en-dessous de 8 ou même de 9. Franchement je m'aime bien et
j'ai une grande confiance en moi.
Est-il agréable d'être vous-même?
Affirmatif. J'adore rigoler, je crois qu'à quelques exceptions près, c'est
plutôt sympa de vivre avec moi. Cela ne signifie pas que je n'ai pas
mes phases de doutes sur ma vie, sur la façon dont je la mène et sur
ce que j'en fais, cela ne veut pas dire non plus que je ne traverse pas
des moments d'obscurité mais de manière générale, je vis une belle
harmonie avec moi-même.
Votre plus grande honte d'adolescente?
Aucune. J'ai beau chercher... aucune. Je n'ai pas croisé la honte.
Que ferez-vous après votre mort?
Je rêve d'une autre vie dans un autre monde. Je crois en Dieu et dans
les Anges, c'est avec eux que j'aimerais vivre. J'aurai, je l'espère,
accès au Paradis.
D'après vous, quelle est la pire façon de mourir?
Jeune. Ou dans une souffrance qui dure.
L'autre prénom que vous vous seriez choisi?
Doris n'est ni original ni charmant. Mais peut-être ne suis-je ni
originale ni extraordinaire. Je suis juste normale. Oui, c'est ça, juste
normale.
Vous êtes Ikea ou Interio?
Interio.
Votre insulte préférée?
Je n'insulte jamais. Je sais que la colère peut me rendre blessante. On
me l'a dit et je ne le nie pas. Mais quitte à être désagréable, je
préfère de loin blesser qu'insulter.
Il y a quoi sur le rebord de votre baignoire?
Pure, un parfum que j'adore!
A quoi pensez-vous en vous levant?
A la douche qui va venir. Je n'attends qu'elle.
Vous méritez une médaille pourquoi?
Une médaille? Est-ce que j'en mérite vraiment une? Si c'est le cas
alors c'est parce que je suis la seule femme présidente d'un parti
national.
Le sentiment le plus fort éprouvé ces quinze derniers jours?
Le romantisme. Je suis allée au mariage d'une collègue avec mon
époux. Je me suis dit qu'après tout, à part l'amour dans ce bas
monde...
Votre naissance, c'était césarienne ou forceps?
Rien de tout ça. Je suis née à la maison, à l'ancienne, sous les yeux
d'une sage-femme.
Y a-t-il en ce moment une personne que vous haïssez?
Je ne connais pas la haine. Ce qui ne signifie pas disons... que je
n'éprouve pas des sentiments, mais la haine, ça non.
Quelle autre nationalité vous choisiriez-vous?
Aucune. Je suis Suisse et fière de l'être. Même si je souhaite tous les
jours que le pays soit plus moderne et plus ouvert je ne rêve pas de
venir d'ailleurs, quelle drôle d'idée.
Qui n'aimeriez-vous pas être en ce moment?
George Bush parce qu'il va perdre contre John Kerry.
Propos recueillis par Béatrice Schaad