Jésus, Marie et malheureusement Joseph…
TEXTE: THIERRY MEURY
Son costume est gris, lui aussi. Symbole d'une certaine médiocrité politique suisse, façon «ancien régime consensuel» serait-on tenté d'écrire, Joseph Deiss n'a qu'une seule qualité: la constance. Il ne fait rien et s'y tient!
Plus ennuyeux qu'un concert de moines tibétains, l'homme semble avoir pour seule ambition celle d'un nonagénaire pensionnaire d'EMS: il veut survivre malgré tout! Il n'y a que son épouse Babette qui apporte finalement un peu de piment à cette année présidentielle. Mais ce ne sont que menues éclaircies au beau milieu de ces 365 jours de grisaille: on n'a pas l'occasion chaque jour de rouler une pelle à l'impératrice du Japon!
En tout, et à l'instar de sa présidence, acquise par défaut, Joseph donne l'impression d'être un remplaçant: «On m'a dit qu'y a une fuite chez vous? Comme le plombier n'est pas libre, j'suis pas du métier, mais je vais voir ce que je peux faire!» a-t-on envie d'ajouter en légende à ses photos officielles.
«Si les généraux sont des cons, c'est parce qu'ils sont choisis parmi les colonels» disait Clemenceau. Il en va de même pour les conseillers fédéraux: s'ils n'ont pas d'envergure, c'est parce qu'ils sont choisis parmi les conseillers nationaux.
Si on ne peut pas soupçonner votre serviteur d'être «couchepinien», la récente prise de position du Valaisan contre Blocher et la réaction du Fribourgeois, illustrent toute la différence qu'il y a entre un homme politique et un abribus.
Même la joie qu'a pu procurer à certains le renvoi par charter parlementaire de l'hôtesse de l'air appenzelloise, ne peut être porté à son crédit! Ce serait le soupçonner d'un machiavélisme auquel Deiss est aussi étranger qu'à sa fonction.
Sorti vainqueur de ce concours de circonstances, le très catholique Joseph peut parler de miracle!
Toujours conseiller fédéral à l'heure qu'il est, il a sauvé son siège, mais le siège nous aurait suffi.