Les enseignants d'histoire et le sentiment antisémite
A propos de «L'affaire du plagiaire masque un regain d'antisémitisme dans les écoles genevoises», Saturne n°9
Permettez-nous de réagir à votre article. (...) Vous y attaquiez violemment les «profs d'histoire», leur reprochant d'être à l'origine de l'antisémitisme de leurs élèves.
Nous réprouvons l'amalgame que vous établissez entre «la critique de l'Etat d'Israël» et le sentiment antisémite. Dans nos leçons d'histoire, nous nous efforçons d'amener les élèves à éviter ce genre de raccourci. Nous enseignons l'histoire et la culture du peuple juif, en les distinguant clairement de la politique menée actuellement par les autorités israéliennes. A cette fin, nous consacrons une partie importante de notre cours de 3e à la montée du nazisme, au régime hitlérien et au génocide juif. A cette occasion, nous analysons la propagande antisémite du IIIe Reich, caricatures à l'appui, ainsi que la progression des mesures anti-juives.
Quant à l'étude de l'Etat d'Israël, elle s'inscrit au cœur même de la démarche historienne. En effet, si l'histoire s'interdit de condamner a priori un événement ou un régime politique, elle ne se départit jamais d'une méthode critique consistant à confronter et à analyser divers points de vue, reflétant les différents courants d'opinion qui traversent la société israélienne.
Les élèves sont ainsi mis en présence de sources historiques variées, qu'ils doivent apprendre à commenter. Cet exercice formel comporte intrinsèquement une part de discussion, leur permettant de prendre du recul et ainsi de développer leurs facultés de discernement et leur esprit critique, conformément à l'article 4 de Loi sur l'Instruction publique.
Ce n'est pas en tirant à boulets rouges sur les enseignants d'histoire, mais en valorisant l'étude des sociétés à travers le temps et en promouvant le débat, qui doit être garanti au sein de l'école genevoise, que l'on contribuera au développement du respect et de la tolérance.
Françoise Giraud, Michel Jeanneret, Valérie Opériol, Christine Pellegrini et Marco Solari, maîtres de sciences humaines en 4e au collège de Candolle.
Pourvu que Saturne... longtemps!
Merci de nous donner dans la grisaille des images éclatantes, plus que jamais, illustrant des textes plein d'humour, que de bon sang vous nous donnez. Pour reprendre un vieil adage répondant à epur si muove - pourvu que Saturne et pour longtemps
Dr Jean-Luc Held et son équipe, Fatima do Ceù, Damaris, Ludivine et Nathalie.
Excellent édito!
A propos de l'editorial «La dictature, vraiment?», Saturne n°16
J'avais réagi car votre édito suite à l'attentat de Beslan m'avait déplu. Je réagis cette fois car votre éditorial de la semaine me paraît excellent.
Nous ne vivons heureusement pas dans un pays où la majorité des citoyens sont racistes et qui risque de sombrer dans la dictature. En peignant le diable sur la muraille, certains analystes donnent à l'UDC un poids qu'elle n'a en réalité pas. Il suffit de se souvenir que l'UDC n'a gagné que trois votations ces dix dernières années lorsqu'elle était opposée au reste des partis gouvernementaux (de mémoire, la votation précédente sur l'assurance-maternité, la Fondation Suisse Solidaire et les votes sur les naturalisations). Dans le même laps de temps, elle a perdu des campagnes importantes, y compris sur des sujets identitaires (envoi de soldats à l'étranger, adhésion à l'ONU notamment).(...)
Prendre les gens pour des imbéciles ne marche jamais. On a pourtant l'impression qu'une certaine élite le fait en prenant une majorité de citoyens pour des demeurés qui pensent que les musulmans seront bientôt majoritaires en Suisse. (...)
Alex Dépraz
L'UDC n'est pas le vilain petit canard
A propos du même éditorial
Je réagis très violemment à votre article, car en Suisse, il faut que cela change, les vilains petits canards c'est les précédents, pas l'UDC.
Les autres partis ne supportent pas que d'autres viennent les perturber et leur enlever leurs privilèges. (...) Ils ne sont pas capables de s'adapter aux votes des citoyens et ne sont pas capables de parler sans citer tous les trois mots l'UDC ou un de ses leaders, (...) ils ont une haine morbide contre quiconque ne partage pas leurs avis. (...)
Pierre Maillard, Genève
De l'art de démonstration
A propos de «Candide en Hellène», Saturne n°14
«A moins d'être un crétin, on meurt toujours dans l'incertitude de sa propre valeur et de celle de ses œuvres». C'est Gustave Flaubert qui l'a dit. L'homme savait de quoi il parlait puisqu'il en fut la preuve vivante. L'Education sentimentale ? Un flop. La tentation de Saint Antoine ? Guère plus brillant. Quant au Candidat , pas de chance non plus. Flaubert est mort épuisé et dégoûté.
En voyant avec quelle application et quel lyrisme vous vous attachez à décrire Jean-Romain Delaloye, mon frère, je suspecte chez vous, Monsieur, une approche légèrement différente de celle de Flaubert. En vous permettant de juger la philosophie de trottoir dont il a, selon vous, gratifié tout ceux qui l'avaient soutenu (ainsi que les autres), vous estimez en avoir les capacités. Si l'on poursuit le raisonnement, on en déduit que vous êtes conscient de votre valeur et donc? (...)
L'esprit éclairé que vous êtes a, dès lors, la possibilité de prendre une citation «sotte» et «vulgaire» de mon frère ? «Si quelqu'un n'est pas content de ma performance, qu'il aille se faire voir» - et la sortir de son contexte pour prouver justement la sottise de son auteur. Pourquoi s'en priver? Le procédé est vieux comme le monde.
Je connais mon frère depuis 23 ans. Vous me direz que je n'ai pas toute «l'objectivité» requise pour le juger. Je me permets néanmoins d'utiliser un mot aussi fort que ceux dans lesquels vous aimez apparemment vous vautrer: Jean-Romain est mon héros. Vous le voyez détestable, je le vois admirable. Vous ne le connaissez pas, je le connais peut-être un peu trop. Il n'empêche que j'ai un léger avantage sur vous: je sais les sacrifices qu'il a faits pour en arriver là. (...)
Jean-Cosme Delaloye, Brooklyn
Trop rigolo!
Je tenais à vous féliciter pour ce journal fort intéressant, je l'ai trouvé chez mon médecin, et j'ai lu avec grand intérêt l'article de cette charmante dame rebelle qui ne paie plus ses primes maladie. Je me sens dans la même approche. (...) Si je peux me permettre le format de ce journal est pas trop pratique, mais en le pliant on s'adapte....
Bien amusé l'article de Couchepin chez les tibétains, avec la recette des «momos» trop rigolo.
Anita Albuixech, Genève