L'INTERVIEW

Claude Frey: «Le meilleur comédien au Conseil fédéral, c'est Moritz Leuenberger!»

L'ex-conseiller national neuchâtelois, reconverti en acteur, jouera dès le 16 novembre prochain dans la revue «Fri Bug». Entre deux répétitions, il répond à l'interview saturnienne.

Depuis quand êtes-vous vous?

J'ai toujours été moi-même et parfois ça m'a coûté!

Qui dirige votre vie?

Ce n'est pas une personne, mais la volonté de me dépasser.

A quel âge aimeriez-vous revenir?

A aucun. J'aime les travellings avant, pas les travellings arrière.

La dernière fois que vous avez basculé?

Je ne suis ni un cheval, ni une chaise à bascule... Je ne bascule pas.

Sur une échelle de 0 à 10, où situez-vous votre confiance en vous?

Ça dépend toujours du moment et du contexte. En ce moment, j'ai surtout le trouillomètre à 0!

Est-il agréable d'être vous-même?

Très.

Votre insulte préférée?

En mémoire d'Hergé et en hommage au capitaine Haddock: bachi-bouzouk.

D'après vous, quelle est la pire façon de mourir?

Dans l'indifférence.

Que ferez-vous après votre mort?

Je préparerai mon come-back. Ce sera FREY II, le retour. Et comme je suis conservateur, je referai les mêmes fautes!

Le rôle de votre vie, c'est lequel?

Le premier.

Votre dernière pensée personnelle?

C'est ma première et ma dernière pensée: en politique, avoir raison trop tôt, c'est une manière intelligente de se tromper.

Hétéroclite, ça vous fait rire?

Non.

Qui n'aimeriez-vous pas être en ce moment?

Pfff... A cause de vos questions: moi.

Pensez-vous qu'à Neuchâtel les planteurs de cannabis devraient être surveillés par un drone?

Ça servirait à rien. Chez nous, ça se passe dans les caves!

Quelle figure historique féminine, auriez-vous aimé jouer?

Hatshpsout. Celle-là, je la sors toujours, ça fait inhabituel...

Hatshpsout était une femme de pharaon de la 18e dynastie. Je la choisis parce que c'était une reine novatrice. Elle a fait venir la soie, le marbre rose et tout un tas de choses en Egypte. C'était une forte personnalité.

Et masculine?

En règle générale, j'aime les figures historiques qui dans les moments difficiles ont le courage d'aller à contre-courant. Des figures qui se révèlent quand l'histoire décape! De Gaule ou Churchill, par exemple.

Au Conseil fédéral, qui a selon vous les plus grands talents de comédien?

Moritz Leuenberger, incontestablement. Dans le rôle du dandy romantique. Sur chaque photo, il prend la pose.

En politique avez-vous déjà dit le texte d'un autre?

Non!

Votre naissance, c'était césarienne ou forceps?

Césarienne. Ce qui m'a valu une jolie tête toute ronde! Et non une tête en forme de suppositoire à force de pousser.

Vous méritez une médaille pourquoi?

J'aurais amplement mérité le Champignac. Mais malgré tous mes efforts, et je vous assure que j'y ai mis du mien, je ne l'ai jamais eu.

propos recueillis par Nathalie Ducommun

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