TSR.CHOCHOTTE

J'ai mâle au sport

La passion du sport n'est pas l'apanage des beaux éphèbes musclés, à l'allure vive et à l'esprit compétitif. A Sport Dimanche , ce soir-là comme les autres, on ne s'est pas encombré de ce genre de détails esthétisants. Du moment qu'on a collé une femme à la présentation (merci Marie-Laure Inderwildi, merci), vois pas pourquoi on pousserait plus loin l'effort. Peu importe donc la posture avachie, le minois mal rasé, la chemise dépareillée et l'air hagard. Suffit d'être mâle pour gagner son fauteuil autour de la table phallique. Peu importe les ricochets verbaux, les silences perplexes entre deux sujets imagés mal lancés, et surtout la banalité exaspérante du propos: «Federer aime jouer contre les grands joueurs», on s'en doutait, oui, et «il faudrait marquer plus de buts pour que les hockeyeurs suisses se qualifient aux J.O.» Parlant de hockey justement, les hockeyeuses, elles, se sont qualifiées pour les Jeux de Turin. Ça nous a valu 12 secondes d'images (contre au moins 57 sur la nouvelle coupe de cheveux de Federer) et un invité... mâle: Goran Bezina, pour nous parler du hockey masculin, le seul, le vrai. Et de faire continuer la délicieuse série: que faut-il pour marquer plus de buts, Goran? «Il faut avoir plus envie quand on est devant la cage.» Ah ça oui, faut avoir envie. Femmes, n'oubliez pas de payer votre redevance.

L' œil du cyclope

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