L'INTERVIEW

Léonard Bender: «Couchepin et Dieu nous sont supérieurs!»

Le vice-président du Parti radical suisse se prête au jeu des questions-réponses de
l'interview saturnienne.

PROPOS RECUEILLIS PAR NATHALIE DUCOMMUN

A qui pensez-vous en vous levant?
A mes deux filles.

Qui dirige votre vie?
Mes convictions, et je suis plutôt du genre «ni Dieu ni Maître»! Je ne travaille pas sur
commande, moi.

Depuis quand êtes-vous vous?
Depuis une quarantaine d’années et des poussières.

A quel âge aimeriez-vous revenir?
Au temps de l’école primaire. J’ai la nostalgie de mes instituteurs et de mes copains de
village.

La rupture qui vous est restée en travers de la gorge?
Une copine de l’Université qui m’a annoncé, abruptement, qu’elle me quittait, et cela à
quelques minutes d’un examen très important... que j’ai d’ailleurs réussi!

N'êtes vous pas un peu grand pour être retourné vivre chez maman à quarante et des poussières?
Sans doute, mais elle ne me laisse plus repartir! Il faut dire que chacun y trouve son
compte. Au fond, c'est un nouveau modèle familial qui me convient bien. Il y a les
familles recomposées et moi je fais dans la famille réintégrée. C'est plus avantageux que
d'autres modèles que j'ai connus, au sens patrimonial notamment.

Sur une échelle de 0 à 10, où situez-vous votre confiance en vous?
En ce moment, pour être honnête, un 6 me paraît bien payé! J'allais dire 5, mais je me
suis dit que ça faisait la moyenne, et la moyenne n'intéresse personne! Mon créneau,
c'est pas «pareil au même», il faut fuir la moyenne!

Mais 6, c'est peu. Vous aviez l'air plutôt confiant contre l'UDC au dernières
élections communales...

Ah bon, c'est vrai? Alors mettez-moi 8!

Est-il agréable d'être vous-même?
Disons que je m’accepte tel que je suis!

Votre plus grande honte d'adolescent?
J’ai encore trop honte pour pouvoir la raconter!

Allons, pas de ça avec nous...
Ah non, vraiment je peux pas... Disons que quand j'étais adolescent, j'étais docteur. Je
pensais faire de la médecine, quoi. Et un jour, mon oncle est entré dans la grange
pendant que j'opérais... En pleine opération, sans diplôme, mais avec plein de bonnes
intentions, si vous voyez ce que je veux dire!

Votre insulte préférée?
Je suis rarement insulté. Mais il faut dire que je débute dans le métier. Pour ma part,
j’affectionne assez les gros mots, avec une légère préférence pour «putain de bordel»!

Le sentiment le plus fort éprouvé ces quinze derniers mois?
Lors de ma rencontre avec Lise le 21 avril 2004: l'amour!

Et vous n'allez pas quitter maman pour vivre avec Lise?
Pas besoin. Maman s'endort tôt à son âge. A huit heures, elle est au lit, Lise peut me
rejoindre et on part tôt le matin.

Qui n'aimeriez-vous pas être en ce moment?
Le Procureur de la Confédération, parce qu'il traverse une période délicate. Mais c'est
injuste de ma part de le stigmatiser, il vient juste de me verser 1000 francs de dépens
pour ma défense au Tribunal fédéral de l'auteur de la fuite!

Est-ce que vous irez voir l'exposition où on fait pipi sur Blocher?
Non… je ne peux pas me rendre à Paris tous les week-ends quand même.

L'autre prénom que vous vous seriez choisi?
Un prénom, par définition, doit être choisi par les parents, et le mien me convient
parfaitement.

Qui est la femme que vous admirez en vous?
Maman!

La dernière fois que vous avez basculé?
Au dernier concert de Johnny!

D'après vous, quelle est la pire façon de mourir?
Assis.

Que ferez-vous après votre mort?
Rien.

Y a-t-il en ce moment une personne que vous haïssez?
Toutes celles qui abusent de leur pouvoir.

Braver la foule pour serrer la main de Sarkozy... plus émouvant que sa première communion?
Assez jouissif en effet, surtout que je suis plutôt tendance Chirac. Quand on est fauxcul,
c'est encore mieux!

La différence entre Pascal Couchepin et Dieu?
Aucune, ils nous sont tous les deux supérieurs!

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