Quand Paris ne sent plus la rose
Pascal Couchepin et Christoph Blocher sont d'accord: le Centre culturel suisse n'est pas
la vraie Suisse bien de chez nous.
TEXTE: NICOLAS GRANDJEAN
-Ah,Christoph! Que ça me fait mal au coeur! Quelle pitié!Quelle honte!
-Hola, tu me fais peur, lieber Pascal! Qu'y a-t-il? Micheline Calmy-Rey veut adhérer à
l’UE tout de suite?
-Si ce n'était que ça.
-Samuel Schmid veut instaurer une armée de professionnels?
-Bagatelles!
-Valentin Roschacher a trouvé une nouvelle fuite dans l’administration?
-Mais non, gros bêta! Je parle de l’exposition Hirschhorn, au centre Poussepin.
-Au centre Couchepin? Ah, traître, je savais bien que…
-Poussepin, j'ai dit. Tu sais bien, l'expo à cause de laquelle certains députés ont tiqué en
retranchant un million à Pro Helvetia.
-Un million, seulement. Comme dit Jean Fattebert, c'est 33 millions qu'il faudrait sabrer,
tout le budget du centre Clochepin.
-Poussepin, Christoph, Poussepin. D'ailleurs, tu l'as vu, cette expo?
-Non, et toi?
-Non plus, mais des tags, des vieux papiers…
-Et la démocratie suisse tournée en bourrique, Pascal!
-En l'occurrence, pas seulement la démocratie, mais toi, mon pauvre Christoph!
-Comment cela?
-Tu ne sais donc pas qu'un comédien compisse, à chaque représentation, une coupure de
presse à ton effigie?
-Non?
-Si!
-Ce centre Poussepion ne respecte donc rien? La volonté du peuple, la force de la
démocratie, ses élus?
-Si, si, c'est simplement de la critique. Un peu subversive, comme il se doit si on veut
être à la mode.
-Ah, c'est à la mode? Ah, c’est artistique? Bon, ben même si on est loin d'Anker, je
pardonne.
-Tu pardonnes aussi de voir ton effigie liquidement maltraitée?
-Mon cher Pascal, tu n’est qu’un grand nigaud. Au lieu de monter sur ses grands
chevaux, en cas pareil, souvenons-nous du mot de Vespasien?
-Et lequel, s'il te plaît?
-L'argent, donc la notoriété, n'a pas d'odeur.