L'exception suisse
L'Europe est dans tous ses états. Depuis la libéralisation
du marché le 1er janvier dernier, elle tremble face à
l'invasion du textile chinois. Des tonnes de pulls et de
chaussettes déferlent sur le Vieux-Continent. A 15
centimes le pantalon chinois, aucun fabricant européen
de textile ne peut espérer survivre. D'après les
économistes, en trois ans, la Chine contrôlera 50% du
marché. Tandis que les voix s'élèvent en Europe pour
en appeler au boycott, les distributeurs suisses, eux, se
laissent gagner par la «China fever» avec délectation.
Manor et Globus ont tout deux opté, au même moment,
pour un relookage promotionnel complet de leurs
magasins sur le thème de la Chine. Avec sa campagne
«China Today» en avril, Manor explique avoir voulu faire
«vivre en direct l'esprit asiatique», afin que les clients
«s'en inspirent pour s'habiller, se meubler ou se
nourrir». Un tel engouement pour la Chine chez nous,
en regard du vent de panique rouge qui souffle sur
l'Europe et le reste du monde peut surprendre. Il suffit
pourtant d'observer les prix. D'après l'Office fédéral de
la statistique, le prix du textile made in China n'a pas
baissé d'un iota. Cela veut dire que la marge des
distributeurs suisses, elle, a forcément augmenté. Et
que ceux-ci n'ont donc pas fini de nous faire manger du
rouleau de printemps.
ND