A propos de: «Youpi, Kevin entre à l'école genevoise», Saturne N° 31
Dans quel monde Kevin est-il tombé?
J'ai lu dans votre numéro de Saturne du 27 courant, les tribulations de
Kevin qui quitte son Valais natal pour entrer dans les arcanes
combien mystérieuses – dignes des aventures de Huckleberry Finn –
de la scolarité genevoise.
Quel parcours du combattant pour Kevin et quel cumul de difficultés
insondables dans une entreprise familiale difficile et simple à la fois:
déménager de la plaine du Rhône ou d'une vallée latérale,
suspendue, à Genève! Passer d'une école intercommunautaire où
chacun se connaît à une école interethnique constitue certes un
changement! Mais pourquoi serait-ce un incommensurable et
insondable changement? Vous le connaissez bien, chère Madame
Dayer, ce changement. Vous qui avez contribué à le dépeindre, dans
un article remarquable, sur la cité des Avanchets.
Qu'elles semblent incertaines les traces de Kevin, les «traces d'un
bambin», comme vous l'écrivez un peu abusivement! Kevin n'est pas
un bambin du tout! C'est là que je décèle dans votre article, non
signé, une forme d'ethnocentrisme où le «bambin» et ses parents ne
pourraient pas se départir du groupe social valaisan auquel ils ont
appartenu; une forme d'ethnocentrisme qui ferait de leur groupe leur
seul et unique modèle de référence.
Dans quel autre monde Kevin est-il donc tombé?
Kevin est «tombé» dans une «école en rénovation» de
l'enseignement primaire, sauf erreur, une école si mal caricaturée! Le
psychopédagogue, le psychomotricien, l'assistant social, comme
l'enseignante s'échinent à se mobiliser d'entrée de jeu! Une vraie
prouesse! Il n'y a ni psychopédagogue, ni psychomotricien, ni
assistant social dans nos écoles! Aucun accueil d'élève ne se fait dans
ces conditions-là! Et les libérations d'élèves n'existent pas dans notre
ordre d'enseignement! «Le reste de la classe qui aurait congé» pour
cette raison relève d'un pur phantasme. Elles relèvent d'ailleurs d'un
phantasme au cycle d'orientation aussi.
D'autre part, ce que j'ai lu, dans votre article, de l'amalgame
allophone-téléphone, durant le premier après-midi de Kevin, laisse
tout entendre, même le pire!
Le langage supposé de l'enseignante que l'on met en exergue, dans
tous ses travers, me fait honte! Et PISA, les mathématiques
interrompues, les équipes de psychologues à l'oeuvre, c'est de
l'humour peut-être, mais de l'humour ni plaisant, ni insolent, ni
insolite, de l'humour plat, indigne de Saturne.
Didier Salamin, directeur général de l'enseignement primaire,
Département de l'instruction publique, République et Canton de
Genève
A propos de: «Swisscom: et si on raccrochait?», Saturne N° 29
Marre d'être maltraitée
Félicitations pour votre journal et qui dit la vérité. L'article sur
Swisscom est excellent. Cliente chez eux, il est vrai qu'au moindre
problème, c'est le parcours du combattant où l'on me prend pour une
imbécile. A force d'insister, ce sont eux qui ont tort. Dernière lubie,
envoi de facture tous les deux mois, sous prétexte d'économiser. Et
moi de leur répondre: «Commencez par économiser sur votre pub.»
Réponse qui m'a valu un coup de téléphone de Swisscom, employée
pas sympa. (...)
Corinne Fiechter, Genève
A propos de: «Après Jean, le suicide fait un boom», Saturne N° 31
Ne pas confondre
Certaines informations communiquées par la soussignée à Mme
Schaad lors de son interview suite à la diffusion du film précité ont
malheureusement été rapportées de façon incorrecte dans votre
journal.
Nous avons constaté que les chiffres que nous lui avions fournis et qui
concernaient les nombreuses demandes de documentation (1000 en
un mois adressées à notre association ont été «attribués» sous la
plume de Mme Schaad à des «demandes d'aide au suicide». Cette
confusion que nous espérons involontaire est regrettable et nous
souhaitons préciser que les demandes d'assistance n'ont pas
augmenté de façon significative.
Pour reprendre l'expression du titre, c'est le nombre d'adhésions à
notre association qui a fait un «boom».
Jacqueline Albert, secrétaire générale d'Exit ADMD, Genève
A propos de Saturne
Magritte et Saturne
Je constate que, à l'instar du Suisse moyen, vous semblez très
concernés par Benoît XVI. Cet intérêt marqué pour faits et gestes
émanant de la hiérarchie catholique m'étonnait déjà durant les
quelque dix années que j'ai eu le privilège de vivre parmi vous: les
Suisses, calvinistes surtout, semblent à l'affût des moindres points
noirs, inepties ou drôleries du monde catholique. (...)
Je terminerai par l'éloge de vos deux derniers numéros,
particulièrement soignés: Couchepin devient plus que génial, j'ai failli
mettre son portrait dans ma chambre à coucher, entre Parménide et
Erasme de Rotterdam! Et le texte.... brillantissime!
Quant à Swisscom, je n'ai hélas rien appris... Et je me permettrai une
petite vacherie: ce que vous lui reprochez est malheureusement
assez (j'allais dire «typiquement»!) suisse, où les contacts
téléphoniques avec la plupart des administrations restent
désagréables (...) Mais je vous offre aussi une consolation: rien ne va
mieux en Belgique où Belgacom a la réputation d'être «une sale
boîte» et où les Postes sont en dessous de tout!
Alors, être Belge, être Suisse? Mais non! Etre Européen? Non plus,
n'en déplaise à Chirac! Etre, c'est déjà tout et c'est assez, car «(...)
dans tous les cas possibles, être, vous l'avouerez, demeure étrange.
Etre d'une certaine façon, c'est encore plus étrange. Cela est même
gênant.» (Paul Valéry)
Finalement, nous ne sommes rien du tout, pas même un blaireau...
Magritte avait raison. Saturne aussi.
Jacqueline Michiels, Dave Namur, Belgique