Genève: La gauche la plus bête du monde…
TEXTE: THIERRY MEURY
Outre sa merveilleuse rade, son jet d’eau ou encore son horloge
fleurie, Genève a autre chose de tout à fait unique et qui ne
devrait pas tarder à intéresser les cars de touristes japonais: sa
gauche! Sa gauche qui, à n’en pas douter, est la plus bête du
monde. L’actuelle campagne pour la libre circulation en apporte,
si besoin était, une nouvelle preuve éclatante.
Evidemment, l’Europe des marchands que nous connaissons et
les accords bilatéraux qu’on nous propose de ratifier ne sont pas
vraiment la panacée. Mais a-t-on le choix? Si, comme le déclarait
Pierre Vaneck, la gauche genevoise «ne veut pas des accords
bilatéraux mais l’adhésion», cette gauche pense-t-elle vraiment
qu’en cas de refus des premiers le Conseil fédéral, dont fait
partie M. Blocher, réactivera notre demande d’adhésion sans
conditions? Il faut être bien niais pour y croire…
Et il en va de même pour la libre circulation. Personne ne doute
en effet que le patronat profitera de cette nouvelle donne pour
faire pression sur les salaires. Mais la gauche genevoise croit-elle
vraiment que, en cas de refus, Michel Barde et ses amis
deviendront les chantres de l’égalité salariale et du respect des
conventions collectives? Une fois de plus, il faut être d’une
grande naïveté pour oser l’espérer… Seulement voilà: chez ces
gens-là, on ne pense pas, monsieur, on ne pense pas…
Mais il y a plus grave. Cherchant sans doute à ratisser large pour
éviter une mauvaise surprise en octobre, la liste de l’Alliance de
gauche (Parti du travail et Indépendants) a décidé de sortir les
slogans de bas étage du genre: «50 000 frontaliers, 25 000
chômeurs, ça suffit!»Voilà qui fleure bon la xénophobie du Café
du Commerce…
Car dénoncer le dumping salarial pratiqué par les patrons,
profitant d’engager des frontaliers (qui n’ont pas le choix) à bas
prix, comme ils le font aussi avec les chômeurs, est un langage
de gauche. En revanche, dénoncer les travailleurs frontaliers en
leur faisant porter la responsabilité du chômage, est un langage
d’extrême droite! Mais il est vrai que la bêtise finit toujours par
mener à cet endroit… Le problème étant qu’on en revient
difficilement.
Fort heureusement, il existe un espoir que la liste de l’Alliance de
gauche n’atteigne pas le quorum cet automne. Un repos forcé de
quatre ans – voire plus – ne peut que lui faire le plus grand bien!