Manie du plus d’Etat: Merz alors!
TEXTE: THIERRY MEURY
Depuis quinze ans, sous toutes les latitudes, les
mêmes remèdes sont utilisés contre les déficits
publics: soit des mesures drastiques d’économie
pour les collectivités! Et, depuis quinze ans, les
déficits se creusent, irrémédiablement, atteignant
parfois des sommes astronomiques. Et, depuis
quinze ans, plutôt que de réfléchir à une autre
thérapie, on ne fait qu’augmenter la dose de ce
traitement inefficace! Et pour cause: on ne change
pas une équipe qui perd! «Etat» est devenu un
gros mot et solliciter son intervention, un
blasphème!
Un peu à l’image de ces obsédés sexuels que la
moindre fesse rend complètement abrutis, les
malades du moins d’Etat font une névrose à
chaque chiffre rouge.
Evidemment, le but n’est pas de s’endetter outre
mesure en jetant l’argent par les fenêtres! Mais
considère-t-on que l’aide apportée par la
Confédération à l’instruction, à la formation, aux
transports, à la recherche et j’en passe, est de
l’argent gaspillé?
Que les fonctionnaires d’un Etat démocratique et
assurant le bon fonctionnement de celui-ci sont des
parasites?
Si c’est le cas, alors que les libéraux de tout poil
aillent jusqu’au bout de leur logique. Que ceux-ci
suppriment tout ce que cet Etat ne peut plus et ne
doit plus, selon eux, s’offrir.
En l’occurrence – et pour ne citer que quelques
exemples – l’école publique, la justice, la police,
l’armée (un trou sans fond!) et, partant, les élus!
Car à quoi peuvent bien nous servir des
gouvernants qui ne gouvernent rien?
Jouons franc jeu et laissons le conseil
d’administration d’une banque ou d’une assurance
prendre en main nos destinées.
Bien sûr, me direz-vous, notre politique
économique dépend déjà entièrement de ces
dernières.
Certes, mais ce serait plus clair en l’officialisant.
Etre libéral n’empêche pas d’être transparent…