TEXTE: SCARBO
Micheline Calmy-Rey a offert au Festival de
Philosophie de Saint-Maurice un final en apothéose.
La ministre des Affaires étrangères était censée y
déclamer son «credo philosophique», comme le
firent, avant elle, une poignée d’invités. En guise
de credo personnel, Micheline s’est pourtant mise à
énumérer les principes officiels de la politique
extérieure de la Confédération, son bilan, ses
objectifs, ses fondements légaux. Le public est
resté stoïque jusqu’au bout, dans une ambiance
d’enterrement. Il était venu pour entendre un
credo, il aura eu droit à un requiem.
Pascal Couchepin, lui, était invité pour
l’ouverture du festival. Dans son cas, le problème
est inverse: il a fallu souffrir patiemment
l’expression de sa pensée la plus intime. Mais le
ministre avait un message principal à faire passer,
qu’il a répété inlassablement, au festival, dans la
rue, sur les terrasses de café, au public comme aux
intimes: « La Télévision suisse romande, c’est d’un
niveau très très bas.» Eh oui! tout le contraire des
primes d’assurance maladie.
La multiplication de ce genre de chroniques a des
conséquences des plus néfastes pour nos
malheureux parlementaires, condamnés à
multiplier les fausses confidences ou les semirévélations
pour figurer dans un article du Matin,
photographie en médaillon, dans le style de
l’«employé du mois» de McDonald’s. Christophe
Darbellay a poussé la logique de l’exercice jusqu’à
raconter à qui voulait l’entendre sa chute
maladroite dans une bouse de vache, lors d’une
virée sur l'alpage. Le journalisme est vraiment
devenu un travail de merde.