BALAI FÉDÉRAL

TEXTE: SCARBO

Le PDC a certes durci la loi sur l’asile, mais il s’agit
d’une initiative autonome, décidée en toute
indépendance. Comme chacun sait, les
démocrates-chrétiens n’ont pas suivi la ligne
imposée par Christoph Blocher. Ce refrain a
pourtant failli être troublé par une malheureuse
fausse note, au début de l’automne. A l’heure de
peaufiner sa position sur la question, le groupe
PDC a envisagé d’inviter à sa séance le bras armé
de Blocher, le chef de l’Office des migrations,
Eduard Gnesa. Tant qu’à prendre une décision
souveraine et indépendante, autant s’assurer
qu’elle satisfera le principal concerné. Quelques
PDC romands ont pourtant fait souffler un léger
vent de révolte qui a abouti, comme il se doit, à un
compromis. Eduard Gnesa n’a pas été reçu par le
groupe, mais une délégation PDC a bénéficié de
ses conseils dans un endroit neutre: un bistrot de
la place Fédérale. Au PDC, c’est encore et toujours
la politique du Café du commerce.

* * * *

Roger Nordmann fait preuve d’une vitalité
suspecte. Le jeune socialiste vaudois monte à la
tribune, intervient dans les médiaas, multiplie les
positions minoritaires au sein du groupe et projette
de réorganiser le mouvement proeuropéen. Ce
garçon-là ne tient plus en place et c’est bien ce qui
inquiète certains de ses camarades, qui savent que
les places, justement, ne sont pas si nombreuses
que cela. Roger Nordmann veut le Conseil des
Etats. Sur son chemin, il y a sa collègue vaudoise
Géraldine Savary, quelques socialistes qui ne lui
pardonnent pas ses positions centristes et surtout
le Parti écologiste vaudois, dont les poids lourds
électoraux pourraient se lancer dans la course.
C’est donc fort à propos que l’on commence à se
souvenir, à Berne, que c’est grâce au départ de
Pierre-Yves Maillard que Roger Nordmann a pu
accéder au Parlement. Ce qui lui vaut désormais de
ses collègues ce qualificatif élogieux: «Le plus
jeune parlementaire non élu de l’Assemblée
fédérale». Les gens sont méchants.

* * * *

L’anecdote se transmet avec des trésors de
précaution, signe qu’on aborde là un domaine qui
relève du sacré ou du mystique, comme tout ce qui
touche à l’Amour. Lors d’un voyage officiel à New
York, Pascal Couchepin «a pris sa femme avec»,
selon l’expression en usage à Martigny. Laquelle
femme a visité la ville en compagnie des épouses
des diplomates suisses, le temps, pour son illustre
mari, de mener à bien ses entretiens officiels. A
Berne, les initiés prennent des airs de
conspirateurs pour raconter que Mme Couchepin et
ses guides ont rendu visite au fameux et très
médiatique sexologue «Docteur Ruth». Le secret
médical le plus strict entoure les questions qui
auraient été posées à cette occasion. Reste que les
résultats de la visite n’ont pas convaincu le
ministre de la Santé Couchepin d’augmenter le
nombre de prestations remboursées par
l’assurance de base.

Envie de réagir? courrier@journalsaturne.ch