Que son esprit demeure
S'il reste une chose à faire, c'est de dire merci. D'exprimer
l'immensité de notre gratitude à ceux sans qui ces deux ans et demi
n'auraient jamais eu lieu: vous. Abonnés de Saturne, lecteurs
réguliers ou occasionnels, c'est vous qui avez donné le souffle de vie
à ce journal. Vous qui, par milliers, l'avez porté, accompagné, toléré
dans ses débordements et ses imperfections et, surtout, encouragé
dans sa professionnalisation. Toujours vigoureusement critiques, mais
toujours prêts à nous donner une seconde chance. La vraie beauté de
l'aventure, le seul sens possible, c'était celui-ci: vous rencontrer.
Saturne était, à ses débuts, une histoire d'amitié: la rencontre de
journalistes passionnés, de dessinateurs talentueux et de financiers
prêts au tour de magie. Nous refusons de croire que ces histoires-là
n'ont pas d'avenir. Comme nous refusons de sombrer dans les larmes.
Les contingences économiques, les tensions du marché publicitaire ne
nous étaient pas favorables, mais Saturne reste persuadé d'avoir été
utile. Il a prouvé qu'il y a des lecteurs pour des journaux bâtis sur le
sens de l'engagement, le tempérament, le supplément d'âme. Il a
ouvert la brèche satirique. Il a démontré qu'on pouvait créer un
hebdomadaire hors des grands groupes traditionnels. Il a promu les
dessinateurs de presse de demain.
Grâce à vous, chers lecteurs, l'aventure était belle. Et folle. Et
diablement riche. Ce pays a besoin de gens qui vont au bout de leur
rêve. Le nôtre est très fier d’avoir croisé le vôtre, au fil de 63
numéros.
A la question qui reste – dans la tristesse de l'instant mais la certitude
des rires fantastiques d'hier et de demain – la rédaction, unanime, n'a
qu'une seule réponse: oui, à tous les coups, on le referait.
Ariane Dayer

