| Une étonnante découverte
psychopédagogique
TEXTE: JACQUES NEIRYNCK
L’excellente revue La Recherche rapporte une découverte
stupéfiante, à la suite d’une étude effectuée aux Etats-
Unis. Des enfants de 10 à 12 ans ont été observés
pendant trois semaines. Durant la première semaine, ils
ont dormi comme d’habitude. Durant la seconde, ils n’ont
bénéficié que de six heures et demie de sommeil. Durant
la troisième, ils ont dormi dix heures par nuit.
Résultat: durant la deuxième semaine, la privation de
sommeil a entraîné une baisse d’attention à l’école et une
dégradation de leurs résultats. On ne peut que louer les
psychopédagogues de donner enfin une assise rationnelle
à un vieux préjugé en matière d’éducation. Les parents –
dont je fus – avaient cru remarquer qu’un enfant privé de
sommeil devenait invivable. Mais ils avaient toujours
douté de la validité de leurs observations limitées à un
petit échantillon, dénué de valeur statistique. Souvent ils
se sont demandés s’ils n’envoyaient pas l’enfant au lit dès
9 heures non pas pour le bien du chérubin, mais pour
avoir tout simplement la paix. N’était-ce pas une preuve
d’égoïsme, voire une lourde faute pédagogique?
Cette question ne se pose plus. Les sciences humaines
permettent enfin de déculpabiliser les parents et
d’imposer la discipline dans la famille. On regrettera
simplement que cette excellente initiative scientifique
n’ait pas été poussée jusqu’au bout de sa logique pour
répondre aux deux questions limites. Suffit-il de faire
dormir de plus en plus un enfant pour qu’il devienne le
meilleur de sa classe? Douze heures, quatorze heures? En
sens inverse, combien de temps survivent des enfants
complètement privés de sommeil?
Cette recherche devrait être entreprise par les cantons de
Genève et Vaud, toujours à la pointe de l’innovation
pédagogique. |