TEXTE: BENOÎT COUCHEPIN
Denis de Rougemont
C’est plus qu’un mot, c’est un conflit latent: l’école.
Quand l’enseignant est source de tous les mots, le
chef de l’Instruction publique l’est de tous les
maux. Et, comme chacun ou presque est passé à
l’école, tous se voient experts pour en parler. Pour
exemple, ça donne ce formidable et substantiel
«introduire une moyenne de 4 en français et en
maths pour passer l’année laissera des milliers
d’enfants sur le bord de la route», d’une Véronique
Pürro multilingue, multidisciplinaire et
multirécidiviste de la bluette socialisante.
Notre précieuse ridicule devrait lire Denis de
Rougemont. «A peine capable de nous instruire,
l’école prétend ouvertement nous éduquer. (…)
C’est sa façon à elle de répondre aux besoins de
l’époque. Pauvre époque… On parle sans cesse de
ses besoins. Il est vrai qu’elle est anormalement
insatiable.» Suivent quelques observations sur
cette institution qui «cherche à développer chez
nos petits Helvètes un conformisme d’imbéciles ou
d’impuissants qui d’ailleurs ne peut être qu’à
l’avantage des gens en place. (…)»
Tout est dit.
Benoît Couchepin
Les méfaits de l’instruction publique, 1929, Ed. des
Lettres de Lausanne, aggravés d’une Suite des
méfaits, 1972, Ed. Euréka, Lausanne

