TEXTE: SCARBO
Les journalistes romands du Palais fédéral ont des frissons
d’angoisse quand le téléphone se met à sonner. Le PDC cherche
en effet un nouveau porte-parole francophone, un poste qui
consiste à recueillir les questions de la presse, appeler la porteparole
alémanique pour se faire renseigner et communiquer la
réponse en la traduisant dans un français châtié. Honteux, les
quelques journalistes approchés par le PDC nient farouchement
avoir été courtisés. Les autres se terrent en craignant que
quelqu’un, dans ce parti, puisse les juger parfaitement adéquats
pour un tel métier.
Une autre menace plane sur la tête des correspondants
parlementaires. Le magazine L’Hebdo publie chaque semaine le
réseau d’une personnalité, et les journalistes paniquent à l’idée
qu’un parlementaire s’ingénie à les inscrire dans la case «Réseau
médiatique» ou, pire, «Amitiés». La dernière vogue, à Berne,
consiste d’ailleurs à taquiner Nicolas Bideau en lui demandant
comment se porte son très fidèle ami, le sociologue de droite
Ueli Windisch. Ce dernier avait pris l’initiative de désigner Bideau
comme l’une de ses plus ferventes amitiés. Pour rester poli, on
dira que Bideau s’est fait avoir, mais il pourrait bien être à
l’origine d’une nouvelle insulte: «Va te faire réseauter.»
OEtzi, c’est le surnom qui désigne le sénateur Simon Epiney, figé
depuis quinze ans dans les glaces du Palais fédéral et que
certains PDC valaisans désespèrent de pouvoir déloger. Certains
PDC valaisans que Simon Epiney aura vite fait d’identifier. Il lui
suffit de déterminer à quel concurrent profite le crime, avant de
lui faire subir ce qu’on se permettra d’appeler une bonne
dégelée. |