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Daniel de Roulet, «Moi, je» et l’incapable

Comment savoir qui, du velléitaire Daniel de Roulet ou de ses
critiques obséquieux et flatteurs, sont les plus niais. Le premier
est bruyant, mais il écrit comme une chaussette, les autres lui
servent de béquille. Il y a chez ce porte-plume une étonnante
propension à la délation. Un sien précédent elzévir dénonçait
l’opportunisme de Le Corbusier. Aujourd’hui, dans son plus
récent prospectus, il se dénonce lui-même. Dans les deux cas,
plutôt que de littérature, il faut parler d’inconvenance et
d’hypertrophie du nombril. Une sorte de constant «moi, je» qui
se donne pour la mesure du tout.
Dans sa notice Moi, je, Charles Dantzig règle leur compte à ces
ego-montreurs. «Dans une période où la société est publicitaire,
c'est-à-dire fondée sur le scandale au lieu de la réflexion, le moi
sert de déclencheur. (…) De là ces écriveurs de livres qui sont
des phénomènes de foire: la femme racontant ses fausses
couches, l’homme débitant ses maladies.» Il en conclut
justement que le «moi est un des supplétifs à l’incapacité à
créer».
Même dans la relation de ses incendies, Daniel de Roulet est un
incapable.

Dictionnaire égoïste de la littérature française, Ed. Grasset,
2005, 968 pp.

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