«Soyons réalistes, écrivons l’impossible»
Ma propre mère, qui va jusqu’à prétendre qu’elle se ruine en
achetant Saturne toutes les semaines pour me lire – inexplicable
ingratitude, alors que 1) c’est elle-même qui a souhaité me
mettre au monde sans me consulter, 2) le prix a baissé, 3) elle
dépense bien plus pour son loyer – ma propre mère ne comprend
pas ce que j’écris! Vous ne vous rendez pas bien compte: ma
mère, c’est pire qu’une mère juive. Elle adore tout ce que je fais.
Je pète? Elle trouve ça mélodieux. Heureusement, ma maman, ce
n’est pas Ariane Dayer. Ariane, quand je pète, elle trouve ça
inélégant peut-être, mais, pour le moment, elle ne m’a pas viré.
Ariane, elle aime bien quand je dis du mal et, moi, j’aime bien
Ariane, alors, pour lui faire plaisir, voici le trio des décapités de la
semaine:
GROUNDING, DE MICHAEL STEINER
C’est pas que c’est un bon film, mais ça a permis aux guignols de
la jet-set romande de se montrer. ET ALORS? M’en fous, c’était
tout gratuit et y avait même Darius Rochebin.
DRALION, CIRQUE DU SOLEIL, GENÈVE
Grand spectacle populaire et surprenant. ET ALORS? Vous pouvez
y aller sans problème, originalité garantie, y a aucun comédien
romand.
CLAUDEL ET RODIN, FONDATION GIANADDA, MARTIGNY
Comme au Théâtre Boulimie, à la Fondation Gianadda, on n’est
pas tellement pour se fouler. ET ALORS? Tous les quinze ans, on
reprend les mêmes thèmes. Comme ça fait cinquante ans que
c’est le même public, ça rassure tout le monde.
Ivan Frésard |