Caille, caille, caille... Qui ose encore en manger?
Aujourd'hui, le courage du politicien se mesure au nombre de cuisses
de poulet croquées. En France, Villepin est bien placé. Et chez nous?
Résultats détaillés de la semaine écoulée.
1. Nom, fonction
2. Ce qu'ils ont mangé
3. Commentaire picoré
Médaille d'or
1. Pierre Kohler, conseiller national PDC, JU
2. A ingurgité tous les jours:
– des oeufs
– du poulet émincé
– du canard laqué
3. Le plus couillu: «J'étais en Chine la semaine dernière, j'en ai profité
pour faire une orgie de poulet!»
Médaille d'argent
1. Christophe Darbellay, conseiller national PDC, VS
2. A ingurgité tous les jours:
- des oeufs
Tous les deux jours:
– poulet ou volaille
3. Bon élève: «Je préfère le boeuf, mais je mange du poulet autant
que possible pour me montrer solidaire avec l'agriculture.»
Médaille de bronze
1. Joseph Zisyadis, conseiller national PST, VD
2. A ingurgité «presque tous les jours»:
– des oeufs
Tous les deux jours:
– de la volaille «cuisinée uniquement à la bière, donc pas de
danger!»
3. Libre: «Je ne me sens pas obligé de manger plus de poulet. Je suis
déjà obligé dans mes fonctions de manger du rösti, c'est déjà
suffisant!»
4e place
1. Oskar Freysinger, conseiller national UDC, VS
2. A mangé deux fois dans la semaine:
– du poulet, «des cuisses et un grillé»
Et une mention spéciale pour:
– un oeuf gobé cru: «C'est mon péché mignon, je l'ai sucé d'un coup,
c'était bon.»
3. Tout en finesse: «Je ne suis pas du genre sensible avec la
nourriture. Je suis plutôt un conteneur ambulant dans lequel on
peut tout déverser.»
5e place
1. Pierre-François Unger, conseiller d'Etat, chef du Département de
l'économie et de la santé, GE
2. A mangé «trois fois dans la semaine»:
– de la volaille
Et une fois:
– des oeufs
3. Sceptique: «J'ai vu Chirac à la télé croquer dans quelque chose de
désossé et de retravaillé, dont il voulait faire croire que c'était du
poulet. Je l'ai trouvé franchement peu convaincant. Pourquoi
faudrait-il croire qu'un politicien qui mange en vitrine et sous les
yeux des caméras apaise les esprits et empêche la psychose? Pour
moi, c'est plutôt contre-productif, et on ne me verra pas faire ça.»
6e place:
1. Daniel Brélaz, syndic de Lausanne
2. A «massivement augmenté sa consommation de poulet. De trois à
quatre fois par année à deux fois en quinze jours.»
Et, deux fois dans la semaine:
– des oeufs
3. Au-dessus de ça: «Je mange beaucoup plus de poulet, mais,
contrairement à Villepin, je n'en fais pas tout un plat.»
7e place
1. Robert Cramer, conseiller d'Etat, chef du Département du
territoire, GE
2. A mangé «pas plus tard qu'hier au Salon de l'auto»:
– un foie gras
Et durant la semaine:
– des oeufs «du label Genève Région-Terre Avenir»
3. Opportuniste: «Si vous consommez le label Genève Région-Terre
Avenir, vous ne risquez rien. Les animaux sont en plein air, bien
soignés, l'hygiène est garantie et, en plus, les ouvriers sont payés
correctement. Je vous donne ma garantie.»
8e place:
1. Jean Fattebert, conseiller national UDC, VD
2. A mangé une fois dans la semaine:
– de la dinde
Et tous les jours:
– des oeufs: «J'en suis accro, c'est exclu que je change mes
habitudes!»
3. Patriotique... vraiment? «De toute manière, sans que je lui dise
rien, ma femme n'achète plus que des produits suisses depuis
deux ans. L'hygiène est garantie. Il y a des gens qui sont assez
bêtes pour arrêter le poulet, mais continuent à manger des
bananes venant de pays où on ne maîtrise pas l'hygiène et qui sont
pleins de virus!»
9e place
1. Manuela Maury, journaliste gourmande de A côté de la plaque,
TSR
2. A dégusté deux fois de la volaille
– un curry thaï
– une escalope
3. Humaine: «Si on exigeait que je montre l'exemple en mangeant du
poulet? Pourquoi pas, mais il faut savoir que – que soit du chat ou
du poulet – ça m'agace qu'on me donne des ordres! Mais que les
politiciens le fassent, je trouve ça formidable. Les voir manger, ça
les rend humains.»
10e place
1. Dominique de Buman, conseiller national PDC, FR
2. Il projette de manger «très vite»:
– un coquelet «bien juteux de chez Bindella».
3. Inspiré: «Villepin mange du poulet? Bien sûr, en campagne
électorale, ça lui donne des ailes.»
11e place
1. Géraldine Savary, conseillère nationale PS, VD
2. N'a pas mangé de volaille «ces derniers temps».
Mais «huit oeufs dans la semaine».
3. Confuse: «Je ne mange plus de volaille ces derniers temps, parce
que c'est assez peu clair dans mon esprit. Concernant
l'information, on nous dit qu'il ne faut pas manger de volaille rosée,
mais la volaille, si c'est trop cuit, c'est sec et pas bon.»
12e place
1. Jean-Michel Cina, conseiller d'Etat, Département de l'économie et
du territoire, VS
2. A mangé «aujourd'hui à midi»:
– des oeufs dans une salade verte.
3. Courageux: «Le poulet, j'en mange l'été.»
13e place
1. Fabienne Bugnon, directrice du Service pour la promotion de
l'égalité, GE
2. Ni oeufs ni volaille.
3. Berk, berk, berk: «Ce n'est pas de la peur que je ressens mais du
dégoût. Ce qui m'empêche de manger du poulet, c'est moins la
peur du virus que le dégoût face au vaccin que la France inocule
déjà à sa volaille. Toute cette médicalisation des aliments, comme
à l'époque le veau aux hormones, ça, ça me dégoûte.» |