Jules Romain, Knock et les médecins
TEXTE: BENOÎT COUCHEPIN
Aux médecins, on parlerait volontiers du Jules Romain des
Hommes de bonne volonté: quelque chose de long (27 volumes),
de pesant, de pensé, d’étonnant parfois, mais qui leur va bien.
Pour leur manif de samedi, on leur recommanderait presque un
«Même les parents riches, s’ils ne sont pas regardants sur
l’argent de poche, passent leur temps à vous faire peur par la
façon dont ils parlent de l’avenir» en calicot. Parce que, de
l’avenir, on a de quoi avoir peur.
Mais non, ce serait trop facile!
Ils vont manifester, les médecins généralistes, parce qu’ils ne
sont pas contents et qu’ils en ont marre d’essuyer les plâtres à la
place des autres et qu’il faut qu’on sache qu’ils existent, et bien
sûr on leur parle de Knock. Ce «ça vous chatouille ou ça vous
gratouille», ce «les gens bien portants sont des malades qui
s’ignorent», ce «la santé est un état précaire qui ne laisse rien
présager de bon…»
Tous ces extraits dans les rues de Berne, personne n’y
comprendrait rien sans doute, mais la littérature en banderole,
ce serait bien. On en sortirait tout ragaillardi.

