TEXTE: SCARBO
Les hameaux du Gros-de-Vaud sont devenus des viviers de
conseillers fédéraux écologistes. Fort de son expérience à
l’Exécutif de Jouxtens-Mézery, Luc Recordon peut envisager
avec confiance un avenir gouvernemental au plus haut niveau. Il
n’y a que ces mauvais esprits de socialistes pour bouder la verte
allégresse qui s’est emparée de la presse romande. En coulisses,
les ténors du PS cantonal s’étendent volontiers sur l’arrogance
des écolos vaudois, dont les chances d’accéder au Conseil
fédéral n’excéderaient pas le 1‰. C'est sans doute le taux
d’alcoolémie qu’il a fallu à Brélaz et Recordon pour croire euxmêmes
à leur scénario.
Pascal Décaillet va-t-il faire plus de politique? C’est la question
qui agite les élites rhodaniennes, depuis le glacier jusqu’à
l’extrémité du lac Léman. Les uns le voient s’engager en 2007
sur la liste radicale en Valais, les autres s’attendent à ce qu’il
reprenne le siège que le PDC vaudois réserve aux animateurs de
la Radio suisse romande. La piste d’une candidature à Genève
se murmure aussi parmi ceux qui croient savoir que Décaillet
s’est brouillé avec Pierre Maudet, ce jeune radical de 29 ans. Pas
de quoi en faire une affaire: ce n’est même pas un ami de trente
ans.
On se souvient du drame qui a affecté Christoph Blocher
lorsque sa fille, saisie d’une lubie propre à la jeunesse, s’est
mise en tête d’épouser un Italien, c'est-à-dire un étranger. Pour
couronner le tout, le beau-fils de Blocher s’était vu refuser sa
demande de naturalisation. Chantre de l’intégration au forceps
de tous les étrangers, le conseiller fédéral UDC n’était pas au
bout de ses épreuves. On vient de découvrir que les parents de
son beau-fils, installés en Suisse depuis des décennies, ne
parlent pas un mot d’allemand. Ça n’est pas si grave. Pour
communiquer avec Blocher, rien de tel que d’en venir aux
mains. |