Les gratuits et la poubelle
Quand il dit que les journaux gratuits ont leur place dans la poubelle,
le directeur de l'Office de perfectionnement de transition et
d'insertion à Lausanne n'interdit pas de les lire avant de les jeter. Si
Philippe Martinet a édicté une circulaire dans l'établissement qu'il
dirige, c'est d'abord parce qu'il en avait assez que Le Matin bleu et
20 minutes jonchent la cour de récré. Cela dit, comme député Vert,
cet amoureux de la presse, qui estime que l'article constitutionnel
vaudois garantissant le droit à l'information «n'est pas fait pour les
chiens», a aussi demandé dans une interpellation que les autorités
défendent la presse d'opinion et d'information et que les annonceurs
continuent d'utiliser des supports médias de qualité. Voilà
décidément une initiative politique qui elle, au moins, est payante.
B.S.
Pravda de Genève
Il y a décidément des journaux irrévérencieux à l'égard des autorités
en place. Ainsi la Tribune de Genève, découvrant les nouvelles
mesures d'économie du Conseil d'Etat, s'est-elle fendue de ce titre
plein d'audace: «Ils persistent et signent, vive l'efficacité à l'Etat.»
Sorte de blanc-seing offert sur un plateau au Conseil d'Etat qui –
cocasserie de l'histoire – n'a ce jour-là même pas détaillé les
économies induites par les fameuses 73 mesures. A peu près aussi
courageux que si, à l'époque, la Pravda avait titré: «Que
d'intelligences au parti.» La Travda de Genève a de beaux jours
devant elle.
B.S.
Pragmatique, Jean-François Copé
«Mais arrêtez de me faire dire «pragmatique» dans tous mes
discours, je ne sais pas ce que cela veut dire.» L’aveu est de Jean-
François Copé, ministre français délégué au Budget et à la Réforme
de l’Etat et porte-parole du gouvernement. Une faiblesse révélée au
grand public lors d’un reportage diffusé dans l’émission Vie privée,
vie publique du 5 avril. Une déficience qu’on ne peut pourtant que
pardonner. C’est vrai, une politique pragmatique, fondée sur l’action,
la pratique et cautionnée par l’efficacité... Qui donc aujourd’hui sait
ce que cela peut bien vouloir signifier.
R.M.
Service de presse: complètement iodé
Moi, quand je serai grand, je veux faire service de presse. Celui de
l’Office fédéral de la santé publique notamment fait péter le
thermomètre. Il annonce cette semaine qu’il «faut se méfier des
héritages radioactifs. Ainsi, deux sources radioactives ont été
retrouvées par des particuliers au Tessin. Ces objets présentaient des
risques pour la santé. Il n’est pas exclu que d’autres personnes
possèdent encore de tels objets. Quiconque en trouverait chez lui est
prié de prendre contact avec l’OFSP.» Voilà. Tous ceux qui ont
ramené des souvenirs de Tchernobyl sont contents. Les autres, ceux
qui sont exclus des soins LAMal parce qu’ils n’ont pas pu payer leurs
primes, ne relèvent en revanche, semble-t-il, pas directement de la
santé publique. Ils prendront dès lors utilement contact directement
avec la morgue.
B.C.
La blague de dur-dur
En couverture de son numéro 3, le «blogzine» romand dur-dur.ch,
publie une photographie sucrée: des dizaines de Carambar parmi
lesquels une véritable de ces barres caramélisée à même été collée.
Un joli coup marketing. Où d'autres offrent des babioles en plastique,
dur-dur livre à ses lecteurs une birbe d'enfance disparue. Trop fort.
Alors qu'en couverture beaucoup rivalisent de tristesse, dur-dur
distribue les bonnes vieilles blagues Carambar. Mais oui, vous savez!
Ces plaisanteries pour intellectuels, genre: «Pourquoi c'est un
Carambar et pas un ourson Haribo, en couverture de dur-dur*?» Si
vous trouvez et/ou comprenez la réponse, c'est que vous êtes
intellectuellement apte à lire le blogzine romand.
*Parce qu'un Carambar, c'est dur.
R.M.