Balai fédéral

TEXTE: SCARBO

1er mai 1939, Berlin, Allemagne. Un communiqué du Parti
national-socialiste dénonce l’influence néfaste des communautés
étrangères. «Ce qui frappe quand on observe les manifestations,
c'est qu'on y voit de plus en plus de groupes d'étrangers
brailleurs. Les groupements étrangers hurlant pullulent.» Ces
phrases vous choquent? En réalité, elles ont été écrites en
Suisse, il y a dix jours à peine, le 1er mai 2006. Elles figurent noir
sur blanc dans le dernier service de presse de l’UDC, le parti de
Guy Parmelin, Pierre-François Veillon ou Jean-François Rime. Elles
n’ont pas suscité la moindre réaction.

Qu’est-ce qui est gris, qui monte et qui descend? Un conseiller
fédéral. Lundi dernier, Moritz Leuenberger s’est rendu une
nouvelle fois sur le site de Porta Alpina, cet ascenseur installé
dans un puits de 800 mètres de profondeur entre le tunnel du
Gothard et le village de Sedrun. Lundi prochain, c’est Joseph
Deiss qui visitera les lieux. Les conseillers fédéraux sont saisis
d’une vraie fascination pour ce gouffre alpestre, au-dessus
duquel ils ne cessent de se pencher, comme si c’était là leur
principale priorité. Avec de tels gouvernants, le pays est
vraiment au fond du trou.

Le socialiste valaisan Jean-Noël Rey était déjà accusé d’être
trop proche des «noirs», ses amis PDC. Il n’en a que plus de
peine à supporter les critiques des jeunes socialistes, qui
attaquent le nouveau programme économique du PS. Il est
certes plutôt rare qu’un élu socialiste s’inquiète des reproches de
la jeunesse du parti, mais la fébrilité de Jean-Noël Rey s’explique.
Elu en 2003 au détriment d’un socialiste haut-valaisan, il lui sera
difficile de rééditer l’exploit en 2007. Comme le dit la chanson:
l’important, c’est la rose noire.

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