La mort de Franco
TEXTE: BENOÎT COUCHEPIN
Bien sûr, il ne démissionnera pas. Dominique de Villepin restera
contre vents et marées. Il l’avait dit aussi pour le CPE. Cette
façon de mourir très lentement, les doigts plantés dans l’oreiller,
ça rappelle les trente pages de description de la mort de Franco
par Jean-Luc Benoziglio. Un bijou. «Et filent les jours et se
succèdent les opérations, et la chose n’a bientôt plus guère
d’organes qui ne soient artificiels. (…) Il ne lui manque vraiment
que la parole, dit un jour l’oto-rhino-laryngologiste, contemplant
la chose grisâtre qui sur son lit tourne au bleu.» A un moment,
quand même, tout à la fin, «la chose» meurt, on nettoie les
poubelles à grande eau.
Dominique de Villepin est entré en agonie. «Et filent les jours et
de violacée, la chose est devenue noirâtre (…)», «Et filent, filent
les jours et plus s’élève et persiste dans les couloirs une
puanteur que rien ne réussit à combattre. (…)»
Le spectacle politique français, c’est une intrigue de cour. Le roi
meurt, les courtisans se déchirent.
Le jour où naquit Kary Karinaky, Jean-Luc Benoziglio, Ed. Seuil,
1986

