SONT FORTS
La morale en 24 heures
Daniel Brélaz a-t-il disparu avec la caisse de la Municipalité de
Lausanne? Sauvagement épilé le chat d'une vieille dame? Maigri?
Même pas. Tout juste fait le pignouf et tiré la langue un quart de
seconde, le temps d'une photo. Le degré ultime de l'inconvenance
pour 24 heures qui, sous le choc, a publié un article sentencieux.
Doublé d'un sondage à ses lecteurs sous le titre: «Daniel Brélaz a-t-il
attrapé la grosse tête?» Diantre, heureusement qu'il existe encore
des journalistes capables de nous mitonner vite fait une bonne petite
morale – en 24 heures par exemple.
B.S.
Z'ONT DIT
L'affichette du fantasme
Ce jour-là, la Tribune de Genève avait le choix pour son affichette. La
version factuelle: «Une femme à la tête de la police». La version
enthousiaste: «Enfin une femme promue!». Ou la version soulagée:
«Le Conseil d'Etat trouve enfin quelqu'un pour diriger la police». Mais
non, le quotidien a préféré: «La police obéira à une femme». Subtile
formulation, on sent bien les retours de fantasme du chef de rubrique
en fin de soirée. Les yeux rouges, le coeur battant, les sens en émoi.
Mhmm, se faire attacher au radiateur par les menottes de cette
blonde-là... Mhmm, lui obéir. Coco, tu vas l'avoir, ton affichette.
ARD
Z'ONT DIT
Pascal, à votre service
D'ici à la fin du mois, il aura décroché un job, Pascal Décaillet, c'est
pas possible autrement. A moins qu'il n'en fasse un peu trop? En
l'espace d'un mois, l'ex-spécialiste du débat politique à la radio a en
effet multiplié les interviews faisant à chaque fois un nouvel appel du
pied aux potentiels employeurs. Dans L'illustré, il déclare que son
rêve «serait de diriger un quotidien». Mais n'exclut tout de même pas
de se lancer dans une carrière politique. Dans Le Matin, il se qualifie
de journaliste indépendant, un entrepreneur qui serait prêt, dit-il, à
«monter quelque chose à moi». Sans nier pour autant qu'il réfléchit
en même temps à «de nombreuses propositions», dont une du
Nouvelliste, et que, si la TSR lui faisait une proposition ferme, il n'est
«pas fou», il accepterait. Tout ça, pour en venir à la conclusion qu'il
est finalement «surtout un homme de radio». Retour à la case départ,
quoi.
N.D.
Z'ONT DIT
La soupe à la grimace
Depuis que, en Suisse alémanique, un journal a décrété que Micheline
Calmy-Rey ressemblait à un vieux clown – Dimitri – en regard de la
pétulante Doris Leuthard, l'image est reprise à l'envi. Ainsi, ce
dimanche, Le Matin qui gracieusement relève que la démocrate
chrétienne peut carrément revendiquer des airs à la Fanny Ardant en
comparaison de la socialiste. «Ressembler à un vieux clown ou à une
sublime actrice, même parfois agaçante, le choix est vite fait.» Entre
journalisme et fiel pur aussi.
B.S.
Z'ONT DIT
Chuis plus fort que toi
La grande famille du journalisme était réunie, ce soir-là, à Infrarouge
pour deviser sur les photos volées du président de la Confédération,
Moritz Leuenberger en maillot de bain. Le conseiller national et
journaliste Jacques-Simon Eggly reprochait au rédacteur en chef du
Matin, Peter Rothenbühler, de les avoir publiées pour «faire du fric».
Ce à quoi l'accusé a répondu: «Vous aussi, vous avez essayé de faire
du fric avec un journal (ndlr. Le Journal de Genève), mais vous n'avez
pas réussi aussi bien que nous.» Les débats sur l'éthique, c'est
toujours si beau.
ARD