Dominique de Buman. Qui?
TEXTE: BENOÎT COUCHEPIN
Dominique de Buman, vice-président du PDC suisse, à qui il faut
prêter de grandes ambitions dit-on, je dois te faire une
confession: j’avais oublié jusqu’à ton nom. Etonnant. Ce n’est
pourtant pas faute de t’être fait remarquer. Ce léger problème
de caisse de pension, notamment, que tu gérais à Fribourg, et
dans laquelle il fallut d’urgence injecter 30 millions pour la
sauver du désastre. Cette façon surtout d’avoir tenté, par tous
les moyens, de faire clore l’enquête, puis d’empêcher que les
conclusions en soient rendues publiques, puis de nier tout en
bloc, puis de dénoncer un complot contre ta personne. Tout cela
aurait dû me graver ce nom dans la tête: Dominique de Buman.
Mais non, rien à faire, à peine prononcé, ton nom déjà
m’échappait.
On dit du reste qu’il commence à échapper à bien d’autres que
moi. C’est peut-être faute pour toi d’avoir été présent lorsqu’il
convenait. Je t’ai vu par exemple t’abstenir dans le vote à
propos de l’inique loi sur l’asile. L’abstention à propos de dignité
humaine, quel courage, quelle grandeur d’âme et d’esprit,
quelle stupide lâcheté en réalité. Pierre Koller, lui, est un peu
plus courageux, un peu moins timoré, un peu plus honnête avec
ses convictions: il a voté non. Les autres, tous ceux de ton parti,
ils ont au moins eu le courage de voter, même mal. Pas toi…
J’en ai inféré que le chrétien en toi n’approuvait pas, mais que le
vice-président du PDC, futur candidat à la présidence du parti,
au Conseil fédéral peut-être, au Conseil d’Etat fribourgeois
pourquoi pas, à tout en somme une fois, n’osait pas dire sa foi.
Sans doute t’en seras-tu confessé, trois Pater, deux Ave et
l’affaire est oubliée, ta messe est dite, les requérants mourront,
tu pourras politiser en paix.
Et, qui sait, peut-être le curé aura-t-il eu à son tour cette grâce
infinie d’oublier comme moi ton nom, à peine étais-tu sorti du
confessionnal? Un peu comme les Fribourgeois, qui se sont
empressés de gommer tes années de syndicature pour porter au
pouvoir une gauche qui te doit son succès.
Dominique de Buman? Un silence doublé d’une abstention!
Pardon, à qui ai-je l’honneur?

