Maman Hertig
Un journaliste intrépide qui fait l'Irak, la Tchétchénie et l'Afghanistan,
c'est beau. Mais un journaliste qui aime sa maman et le reconnaît à
l'antenne, ça, c'est grand. Alain Hertig qui menait dimanche dernier
l'émission Mise au point a ainsi voulu souhaiter bonne fête à sa
maman à l'occasion de la Fête de mères. Mais la gaieté
manifestement n'y était pas. Et la mine du journaliste qui semblait
avoir mal digéré ses quatre-heures a transformé ce qui devait être
une petite pignouferie en une annonce digne de l'Ecole des fans. Il est
des mères, décidément, qui font plus peur que toutes les bombes
d'Irak.
B.S.
Variation sur le même thème
L'autre soir sur TSR1, un exemple cinglant de programmation
réfléchie et cohérente dont notre télé romande a elle seule le secret.
Le 10 mai à 20 h 25, l'émission d'Isabelle Moncada 36,9 consacrée
aux accidents de la route. Chaque année en Suisse, à cause de la
voiture, plus de 500 morts, plusieurs milliers de blessés et un coût de
7 milliards pour la société. Une émission alarmiste, des témoignages
dramatiques, poignants et un message fort: que la loi sur la
prévention routière qui dort dans les cartons depuis 2002 se
concrétise et que se responsabilisent enfin les conducteurs. Et, après
cette belle leçon d'éducation routière et de sensibilisation citoyenne,
rien de mieux qu'une petite démonstration pratique. A 21 h 30 la TSR
diffusait le film 60 secondes chrono. Un braqueur de bagnoles qui,
durant tout le film, tente d'échapper à la police au volant de sa
Mercedes. Courses-poursuites, cascades automobiles, crissements de
pneus et carambolages monstres... Et à nouveau un message fort de
la TSR: faites ce que je dis, pas ce que je fais.
N.D.
Le Temps ne me donnera pas raison
C'était en une du Temps lorsque Doris Leuthard annonçait sa
candidature au Conseil fédéral. Pour mieux cerner l'orientation
politique de la PDC, cette phrase: «On dit qu'elle est à droite sur les
questions économiques et à gauche sur les questions sensibles,
comme la privatisation de Swisscom.» Sensible comme la
privatisation de Swisscom?! Est-ce nécessaire de rappeler au Temps
que l'enjeu de la privatisation de Swisscom tient à la libéralisation du
marché de la communication et que, plus économique que ça comme
question, tu meurs? Est-ce de surcroît nécessaire de demander au
Temps s'il considère, alors, que le sujet éminemment sensible du
durcissement de la loi de l'asile est à classer au rayon des «questions
économiques»? Ou est-ce que lire un article politique du Temps n'est
pas tout simplement une perte de temps?
N.D.
TSR Bunker
Toujours en avance d'une guerre, la TSR a blindé son accès plus
solidement que le bunker du Conseil fédéral. Ainsi, aux Charmilles où
la chaîne s'est délocalisée le temps de désamianter la Tour, il faut au
simple journaliste qui vient travailler en dehors des heures de bureau,
montrer quatre fois sa carte à puce avant de pouvoir s'asseoir devant
son ordinateur. «Trop peu sûr», selon la direction qui a rajouté un
cinquième obstacle en faisant installer sur les blocs de montage des
serrures ultraperfectionnées, évaluées à environ 700 francs pièce.
«C'est bien connu que la nuit, tout Meyrin rêve de squatter les blocs
de montage de la TSR pour monter ses films de hip-hop», ironise ce
producteur. Quand on vous dit que la TSR c'est votre télévision.
B.S.
Inoubliable Isabelle
On en remplit les pages des magazines, mais, au fond, c'est peu de
chose, une animatrice TV. Ça s'échange dans une cruelle indifférence.
La preuve: cette semaine, Le Matin annonce que A bon entendeur
sera présenté par Isabelle Moncada. Qui a quitté l'émission depuis
plusieurs mois, remplacée par Manuelle Pernoud. Diable, tromperaiton
le consommateur et téléspectateur au temple même de la vérité
télévisuelle? Il faut dire que le thème était prémonitoire: «Steaks
hachés: bonne ou mauvaise farce?» Celle-là, elle était bien bonne.
ARD