SONT FORTS
La TSR, c’est de la bombe!
Trois mois et demi! Il aura fallu trois mois et demi à la TSR pour
produire le «rapport final» consacré à l’alerte à la bombe qui a
défrayé la chronique le 11 janvier dernier, à 14 h 29 – je vous le jure,
c’est dans le titre! Mais alors, ça valait le coup d’attendre. Parce ce
que Mémorandum pensé et écrit par le chef de la sécurité, monsieur
Marco Joffre, c’est de la dynamite! J’espère qu’il a songé aux droits
d’auteur. Le texte commence par un sobre rappel des faits: «14 h 03,
un appel téléphonique arrive à la police. Il s’agit d’une alerte à la
bombe pour la TSR. 14 h 11, la police (un agent et une agente) se
présente à la loge.» Ils ont des quotas chez les gendarmes? «Elle (la
Police, donc) recommande fortement l’évacuation générale des
lieux». Qui dure six minutes, d’après la bande vidéo. Jusque-là, rien à
signaler. Mais, comme toujours, ce sont les détails qui tuent. Et
monsieur Joffre de décrire la pagaille en termes choisis: «Beaucoup
de collaborateurs ne savaient pas où se rendre. Un porte-voix
manquant, il était impossible de faire reculer (par ex) la foule aux
Vernets pour qu’elle n’empiète pas sur le giratoire et laisse libre
accès aux autres piétons.» Résultat, des collaborateurs éparpillés
dans tout le quartier. Plus précisément dans tous les bistrots du
périmètre: «D’autres avaient déjà opté de se réchauffer au Café Sud
et à la Brasserie de la Radio», précise Marco Joffre, qui excuse ses
collègues: «Difficile de faire patienter autant de collaborateurs, sans
information (pour éviter toute intox) et dans le froid. Par chance, il
faisait beau temps! Aux Vernets, les collaborateurs finissent par aller
prendre une boisson chaude au Chalet. Certains ont entendu que
celle-ci serait offerte par la TSR…»
Monsieur Joffre note encore sans malice que, «pris de froid, certains
collaborateurs sont rentrés chez eux». C’est dingue, cette obsession
du froid! A croire que la TSR souffre d’un microclimat.
A 15 h 50, Gilles Marchand, transis, donc, informe ses employés aux
Vernets. Trente cinq minutes plus tard, l’intrépide directeur fait le
tour de tous les bâtiments. Et en revient sans doute un rien contrarié,
à lire le chef de la sécurité: «Il en ressort que des lieux doivent faire
l’objet d’une amélioration rapide.» D’abord, parce que la TSR a un
souci côté «portes de secours»: «Si les portes de secours ne
s’ouvrent pas toujours avec grande facilité (simplement pousser),
une fois ouvertes, elles laissent libre cours à l’intrusion si un garde
n’est pas posté à chacune d’elles.» Sans compter que certaines,
celles munies de «barre antipanique + bouton» ne sont pas aux
normes.
Mais le plus grave, c’est que les messages diffusés par haut- parleurs
sont totalement inaudibles dans les boxes de montage ou les studios.
Voire ailleurs. «Un collaborateur sourd est resté en zone graphistes
et ne s’est pas inquiété.» Les recommandations de monsieur Joffre?
«Nous devons impérativement avoir trois porte-voix déposés en lieux
stratégiques.» Pas de panique, «ils ont été acquis (dépôt secrétariat
sécurité 00B43, loge accueil, détachement feu)». Des porte-voix?
Une idée de génie! Mais n’en faudrait-il pas un peu plus que trois
pour que la TSR se fasse vraiment entendre?
A. de M.
TSR.CHOCHOTTE
Philippa, mia bellissima
Il a voulu faire son galant, Darius Rochebin. Lors du 19:30 du 17 mai
dernier, il interroge la responsable culturelle Philippa de Roten en
direct de Cannes. Elle évoque la prochaine montée des marches de
Pascal Couchepin, qui viendra soutenir le cinéma suisse. Et le
journaliste de conclure goulu: «Pascal Couchepin entre vous et
Monica Bellucci, ce sera glamour?» Brusquement, on n'est plus dans
le TJ, mais au stamm du coin, entre deux copains qui s'échangent des
galanteries. C'est cela la force de la TSR: toujours plus proche de
vous. Toujours plus loin, aussi.
B.S.