TEXTE: SCARBO
En matière de discipline militaire, il ne faut jamais se fier aux
apparences. Le Conseil fédéral, aligné au garde-à-vous, a pu
donner l’impression d’être uni derrière le programme
d’armement de Samuel Schmid, ses chars d’assaut, ses chars
de déminage et ses chars de commandement. Les six collègues
du ministre de la Défense se sont pourtant contentés de le
mettre en garde contre une nouvelle gifle du Parlement, avant
de le laisser poursuivre dans sa lubie, comme un enfant dont on
estime qu’il doit faire ses expériences. Mais Samuel Schmid n’a
pas peur de l’échec. Depuis le temps, il est blindé.
Les ovnis attaquent. En conférence de presse, Doris Leuthard
s’était plainte du survol de sa villa argovienne par un hélicoptère.
Scandalisés, les correspondants parlementaires ont aussitôt
soupçonné le vilain méchant Blick, dont les journalistes nient
farouchement tout survol de l’Argovie en quelque aéronef que ce
soit. Depuis lors, aucune photo aérienne de la villa n’est apparue.
Il a fallu se rendre à l’évidence: cet hélicoptère est aussi
mystérieux qu’une soucoupe volante. Et à peu près aussi réel
qu’un deuxième siège PDC au Conseil fédéral.
Le microcosme bernois se tord de rire à l’idée que Moritz
Leuenberger doive assister à un match de football. En sa
qualité de président de la Confédération, le malheureux est
moralement tenu de se coltiner nonante minutes de ce spectacle
brutal et archaïque, ce mardi à Stuttgart, pour le premier match
de l’équipe nationale. C’est en vain que le Zurichois aura cherché
un moyen de s’épargner cette épreuve. La Suisse ne gagnera
sûrement pas la coupe, mais Moritz la boira. Jusqu’à la lie. |