Bea Heim, pas traitée
Qui est Bea Heim? Depuis son problème de santé en pleine session du
Conseil national, il est désormais de notoriété publique qu'il s'agit
d'une parlementaire fédérale. La chose était moins claire avant que la
Soleuroise ne fasse un arrêt cardiaque et ne soit soignée par
quelques collègues députés médecins. Bea Heim s'est en effet
toujours évertuée, depuis son élection en 2003, à rester
politiquement plutôt discrète. On trouve néanmoins à son tableau de
chasse une motion. Le sujet? La protection de la population et les
mesures de prévention. Pour son malheur, encore un, l'état actuel de
la motion est, contrairement à elle, non traité.
B. S.
Le MCG en goguette à Taiwan
Le Mouvement des citoyens genevois (MCG) a décroché neuf sièges
aux élections de 2005 en berçant ses électeurs du slogan: «Genève
et les Genevois d'abord.» Dorénavant, ce sera «Taiwan et les
Taiwanais d'abord.» Car, même si cela n'a rien à voir avec sa ligne et
même s'il a fustigé les déplacements à l'étranger de certains
conseillers administratifs, le MCG envoie deux députés participer à un
chouette voyage entièrement payé par le Gouvernement de Taiwan.
«Oui, nous restons différents des autres partis», insiste le député au
Grand Conseil Eric Stauffer. Ah bon? «Nous avons donné la mission à
nos députés d'évaluer si les Taiwanais sont vraiment opprimés par la
Chine.» Quand on vous dit que le MCG travaille «pour vous et votre
quotidien».
B.S.
Pavillon des cancéreux
L’optimisme règne au gouvernement. Le Conseil fédéral a approuvé
la semaine dernière un rapport relatif au stockage définitif de déchets
nucléaires. Les sept Sages, ou réputés tels, concluent que ces
installations peuvent tout à fait être construites et exploitées d'une
manière respectueuse de l'environnement et qu’elles ont au surplus,
dans l'ensemble, des effets positifs sur l'économie régionale. En
somme, pour les plus hauts responsables politiques du pays, on peut
stocker des déchets dont la durée de vie et de radioactivité dépasse
dans tous les cas vingt-cinq mille ans, tout en respectant la nature et
sa biodiversité ainsi qu’en donnant un sérieux coup de pouce à
l’économie régionale. Moralité: ne dites plus salle du Conseil fédéral,
dites plutôt pavillon des cancéreux.
B.C.
Hop Suisse!
A chaque équipe de foot son autobus pour se déplacer d'un stade à
un autre à travers l'Allemagne. Et, à chaque autobus, son slogan.
Comme une image de marque, un drapeau, un symbole. Le Brésil
donne dans le populisme triomphal: «Un bus qui bouge pour 180
millions de coeurs brésiliens.» L'Angleterre dans la certitude
victorieuse: «Une nation, un trophée, onze lions.» Même le Togo, la
petite équipe africaine, affiche haut et fort sa détermination: «La rage
de vaincre, la soif de réussir.» Tandis que les Allemands font dans le
brut de décoffrage avec: «Le football, c'est nous.» Et la Suisse? Eh
bien, la Suisse préfère se la jouer «neutre» et se reposer sur une
valeur sûre: la ponctualité! Sa devise: «2006, l'heure de la Suisse.»
C'est vrai que, pour espérer gagner un match, il faut d'abord arriver à
l'heure sur le terrain.
N.D.
Breaking news Hédiger
André Hédiger est fier de son bilan politique. Il affirme dans une
missive aux médias romands qu'il compte, dans ses principales
actions de magistrat, l'entretien d'un «dialogue privilégié avec la
commission du personnel» du service d'incendie et de secours de la
ville de Genève. Forcément, en dix-neuf ans d'activité, on peut
espérer qu'il a eu le temps de l'approfondir, son «dialogue» avec la
commission du personnel, Dédé. Et parfois même, étant le chef, de
manière «privilégiée», comme il dit. Mais au fait, Dédé, quand tu dis
«dialogue privilégié», tu veux dire aussi privilégiés que tes dialogues
quotidiens avec le chef du service des amendes?
N.D.